Baby blues, dépression post-partum, psychose : savoir les reconnaître

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Par Tekla Maillard, psychopraticienne

L'arrivée d'un bébé est souvent présentée comme un moment de pur bonheur. Pourtant, de nombreuses mères traversent, dans les jours, les semaines ou les mois qui suivent l'accouchement, des émotions difficiles dont elles n'osent pas parler. Fatigue, larmes, angoisse, sentiment d'être dépassée : tout cela n'est pas « juste de la fatigue ». Voici comment distinguer le baby blues, la dépression post-partum et la psychose du post-partum, trois situations très différentes.

Le baby blues : fréquent et passager

Le baby blues touche une grande partie des mères, dans les tout premiers jours après la naissance. Il s'explique par les bouleversements hormonaux, la fatigue, l'intensité des émotions et le changement de vie.

Il se manifeste par des pleurs faciles, parfois sans raison apparente, de l'irritabilité, une grande sensibilité, de l'anxiété et de la fatigue. Il s'apaise en général en quelques jours, et au plus tard au bout d'environ deux semaines. Le repos, le soutien des proches et la possibilité de parler de ce que l'on ressent aident beaucoup.

La dépression post-partum : quand cela dure

Si la tristesse, le vide ou l'angoisse persistent au-delà de deux semaines, ou s'installent plus tard, il peut s'agir d'une dépression post-partum. Elle touche environ une mère sur dix, voire davantage selon les études, et peut apparaître plusieurs semaines ou plusieurs mois après la naissance.

Parmi les signes possibles :

- une tristesse ou un sentiment de vide qui ne passe pas ;

- un épuisement profond, même quand le bébé dort ;

- une culpabilité envahissante, la peur d'être « une mauvaise mère » ;

- une perte d'envie et d'intérêt pour ce qui plaisait avant ;

- une difficulté à ressentir du lien avec son bébé, ou au contraire une anxiété constante à son sujet ;

- parfois, des pensées sombres.

Ce n'est ni un manque d'amour, ni une faiblesse de caractère. C'est un trouble qui se soigne, grâce à un suivi médical, un soutien psychologique et, si nécessaire, un traitement. Plus on en parle tôt, plus l'accompagnement est efficace.

La psychose du post-partum : une urgence médicale

La psychose du post-partum est rare : elle concerne environ une à deux naissances sur mille. Elle survient souvent brutalement, dans les premiers jours ou les premières semaines après l'accouchement.

Ses signes sont différents de ceux de la dépression :

- une confusion, une impression d'être déconnectée de la réalité ;

- des hallucinations ou des idées délirantes ;

- une grande agitation ;

- un sommeil quasi absent, sans fatigue apparente ;

- un comportement très inhabituel.

La mère n'a souvent pas conscience que quelque chose ne va pas. C'est donc à l'entourage d'agir : appelez le 15 (ou le 112) ou rendez-vous aux urgences sans attendre, et ne laissez pas la mère seule avec le bébé en attendant les secours. La psychose du post-partum se soigne, avec une prise en charge médicale adaptée, parfois à l'hôpital.

Comment les différencier ?

 

Baby blues

Dépression post-partum

Psychose du post-partum

Quand

Premiers jours

Semaines ou mois après la naissance

Premiers jours ou premières semaines

Durée

Quelques jours, au plus environ deux semaines

Plus de deux semaines

Évolue vite

Signes

Pleurs, irritabilité, sensibilité

Tristesse, culpabilité, épuisement, perte d'envie

Confusion, hallucinations, délires, agitation

Que faire

Repos et soutien

Consulter un médecin ou une sage-femme

Urgence : 15 ou 112

Ce tableau est un repère, pas un outil de diagnostic. Seul un professionnel de santé peut évaluer une situation.

À qui s'adresser ?

Votre médecin traitant, votre sage-femme, votre gynécologue ou la PMI (protection maternelle et infantile) peuvent vous écouter et vous orienter. Un entretien postnatal est également proposé aux mères dans les semaines qui suivent l'accouchement : c'est une bonne occasion de dire comment vous allez, vous, et pas seulement le bébé.

Et pour l'entourage ?

Si vous êtes le conjoint, un parent ou un ami, votre rôle compte beaucoup :

- demandez à la mère comment elle va, avant de parler du bébé ;

- proposez une aide concrète (repas, courses, une heure de sommeil) ;

- évitez les phrases du type « profite, c'est le plus beau moment de ta vie » ;

- si vous êtes inquiet, encouragez-la à consulter et proposez de l'accompagner.

Comment je peux vous accompagner

Je propose un espace d'écoute en visioconférence, sans jugement, où vous pouvez dire ce que vous vivez après la naissance. Je m'appuie sur des outils issus des thérapies cognitives et comportementales, de la communication bienveillante et de la parentalité positive. Je ne pose pas de diagnostic et mon accompagnement ne remplace pas un suivi médical : il peut le compléter.

En cas de détresse ou de pensées de vous faire du mal, appelez le 3114 (24 h/24). En cas d'urgence ou de danger pour vous ou pour votre bébé, appelez le 15 ou le 112.

Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, vous n'êtes pas seule. Prendre rendez-vous

Cet article a une visée d'information générale et ne remplace pas un avis médical.