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Séparation et divorce : et les enfants, dans tout ça ?

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Par Tekla Maillard, psychopraticienne

Une séparation est une épreuve pour les adultes, et aussi pour les enfants. Pourtant, ce que vivent les enfants passe souvent au second plan, pris entre l'organisation pratique, les démarches et les émotions des parents. Beaucoup de familles traversent cette situation : vous n'êtes pas seul(e). Voici ce que vivent les enfants, comment le repérer, et surtout comment les aider.

Ce que ressentent les enfants

Même quand la séparation est apaisée, un enfant peut éprouver des émotions fortes, qu'il n'exprime pas toujours avec des mots :

- de la tristesse et un sentiment de perte, celle du quotidien d'avant ;

- de la culpabilité : beaucoup d'enfants pensent, à tort, être responsables de la séparation ;

- de la peur : peur de perdre un parent, peur que l'amour disparaisse, peur de l'avenir ;

- un conflit de loyauté : l'impression de devoir choisir un camp, ou de trahir l'un en étant bien avec l'autre ;

- l'espoir que les parents se remettent ensemble, parfois longtemps après ;

- de la colère, contre les parents, contre la situation, ou contre lui-même.

Toutes ces émotions sont normales. Elles ne veulent pas dire que l'enfant va mal durablement.

Des réactions différentes selon l'âge

Chaque enfant réagit à sa manière, mais on observe souvent des tendances :

- chez les tout-petits : angoisse de séparation, pleurs, difficultés de sommeil, retour en arrière (retour du pouce, de la couche, du langage de bébé) ;

- chez les enfants d'âge scolaire : tristesse, colères, maux de ventre, baisse des résultats, besoin de rassurance, envie de « réparer » la situation ;

- chez les adolescents : irritabilité, repli, remise en question de l'autorité, parfois prises de risque ou désintérêt scolaire.

Ces signaux ne constituent pas un diagnostic. Ils indiquent surtout que l'enfant a besoin d'être écouté et rassuré. S'ils durent ou s'intensifient, parlez-en à son médecin ou à un professionnel de l'enfance.

Ce qui aide vraiment

La bonne nouvelle : la grande majorité des enfants s'adaptent à une séparation, surtout quand quelques conditions sont réunies.

- Annoncer la séparation avec des mots simples et vrais, si possible ensemble, de manière adaptée à l'âge. Pas besoin de détails sur les raisons des adultes.

- Redire que ce n'est pas sa faute, et que les deux parents l'aiment et l'aimeront toujours. Il faut parfois le répéter souvent.

- Garder des repères : horaires, rituels, organisation claire de la semaine, objets familiers d'une maison à l'autre.

- Limiter les conflits devant lui : ce n'est pas la séparation elle-même qui fait le plus de mal, c'est un conflit intense et durable.

- Préserver la relation avec chacun des parents, quand elle est sécurisante pour l'enfant.

- Lui laisser la parole, sans l'obliger à parler : dessiner, jouer, lire des albums sur le sujet aide les plus jeunes à mettre des mots.

 

Ce qu'il faut éviter

- Utiliser l'enfant comme messager entre les parents (« dis à ton père que… »).

- Critiquer l'autre parent devant lui, même sous le coup de la colère.

- Lui demander de choisir un camp ou de dire avec qui il préfère vivre.

- Lui faire des confidences d'adulte : il n'a pas à porter vos peines ni à vous consoler.

- Lui promettre ce que vous ne pouvez pas tenir.

Personne n'y arrive à 100 %. L'objectif n'est pas la perfection, mais de revenir vers l'enfant et de réparer quand on a dérapé : « Tout à l'heure, j'ai élevé la voix. Ce n'est pas ta faute, et je suis désolé(e). »

Et vous, parent ?

Vous ne pouvez accompagner votre enfant que si vous prenez soin de vous. Une séparation peut provoquer de la tristesse, de la colère, de la culpabilité ou un grand épuisement. Chercher du soutien (amis, famille, professionnel) n'est pas un luxe : c'est aussi une façon d'aider vos enfants.

Quand consulter ?

Il peut être utile de demander de l'aide si votre enfant :

- reste durablement triste, anxieux ou très en colère ;

- change nettement de comportement ou de résultats scolaires ;

- se replie sur lui-même ou refuse d'aller à l'école ;

- exprime des pensées sombres.

Votre médecin, le pédiatre, le psychologue scolaire ou la PMI peuvent vous orienter. Si votre enfant est en danger, appelez le 119 (enfance en danger). Si vous êtes confronté à des violences dans votre couple, votre sécurité passe en premier : le 3919 est joignable pour être écouté et orienté.

Comment je peux vous accompagner

Je propose, en visioconférence, un accompagnement en parentalité positive, en coaching familial et en communication bienveillante : pour parler de la séparation avec vos enfants, instaurer un cadre serein et traverser cette période avec plus de sérénité. Je ne pose pas de diagnostic et cet accompagnement ne remplace pas un suivi médical ou psychologique lorsqu'il est nécessaire.

Vous aussi, vous avez besoin de soutien. Prendre rendez-vous

Cet article a une visée d'information générale et ne remplace pas un avis médical.