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Vous vous reconnaissez ? Trois situations du quotidien dont on parle trop peu

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Par Tekla Maillard, psychopraticienne

Il y a des souffrances qui font du bruit, et d'autres qui se vivent en silence, au milieu d'une journée ordinaire. On fait ce qu'il faut, on sourit, on répond « ça va », et pourtant quelque chose pèse. Voici trois situations très courantes, que beaucoup de personnes vivent sans oser en parler. Peut-être vous reconnaîtrez-vous dans l'une d'elles, et vous verrez qu'il existe des pistes concrètes.

 

Situation 1 : parent épuisé, entre culpabilité et fatigue

- Vous avez crié, et vous vous en voulez depuis ce matin.

- Vous répondez « ça va » alors que vous êtes épuisé(e).

- Vous aimeriez qu'on vous demande comment vous allez.

Ce qui se joue. Être parent est un travail à temps plein, rarement reconnu, qui demande de la patience au moment où l'on en a le moins. Crier ne fait pas de vous un mauvais parent : cela montre surtout que vous êtes fatigué(e). La culpabilité qui suit, elle, ajoute du poids sans aider.

Ce qui peut aider.

- Réparer plutôt que se punir : revenir vers l'enfant et dire simplement ce qui s'est passé (« J'ai crié tout à l'heure, ce n'est pas ta faute, et je suis désolé(e) »). C'est un modèle précieux pour lui.

- Repérer ses signaux de saturation (ma voix monte, mes épaules se crispent) pour faire une courte pause avant que la colère n'explose, si la situation le permet.

- Demander de l'aide et accepter de ne pas tout faire seul(e) : un proche, un voisin, un autre parent.

- Se réserver du temps pour soi, même court, sans culpabiliser.

Situation 2 : des pensées qui tournent en boucle

- Vous rejouez une conversation dans votre tête à 2 h du matin.

- Vous dites oui alors que vous pensiez non.

- Vous êtes fatigué(e), sans vraiment savoir pourquoi.

Ce qui se joue. Quand l'esprit tourne en boucle, il essaie souvent de « résoudre » quelque chose, mais sans issue. On finit épuisé, parfois découragé. Dire oui par peur de décevoir ou de déranger coûte aussi de l'énergie, à force d'ignorer ses propres besoins. Ce n'est pas une faiblesse : c'est un fonctionnement que l'on peut apprendre à comprendre.

Ce qui peut aider (des pistes issues des thérapies cognitives et comportementales) :

- Poser les pensées par écrit pour les sortir de la tête : on y voit souvent plus clair.

- Distinguer les faits des interprétations : qu'est-ce qui s'est vraiment passé, et qu'est-ce que j'imagine ?

- Se donner un moment pour les soucis, par exemple dix minutes en fin de journée, pour ne pas les laisser envahir la nuit.

- S'entraîner à dire non, en douceur : « Je dois y réfléchir, je te réponds demain. »

Situation 3 : dans le couple ou la famille, ne pas se sentir entendu(e)

- Vous parlez, mais vous n'avez pas l'impression d'être entendu(e).

- Une petite remarque devient une grande dispute.

- Vous gardez pour vous ce que vous n'osez pas dire.

Ce qui se joue. Dans une relation proche, on se parle souvent avec des habitudes installées : reproches, sous-entendus, silence. Chacun se sent attaqué ou incompris, et les non-dits s'accumulent. Il ne s'agit pas de « mal communiquer », mais de ne pas avoir appris d'autres façons de se dire les choses.

Ce qui peut aider (des pistes de communication bienveillante) :

- Choisir le bon moment : pas en pleine fatigue ou en plein conflit.

- Parler de soi plutôt que de l'autre : « Je me sens seul(e) en ce moment » plutôt que « Tu ne fais jamais attention à moi ».

- Exprimer un besoin concret : « J'aimerais qu'on prenne vingt minutes ce soir pour nous. »

- Reformuler ce que l'autre vient de dire avant de répondre, pour vérifier que l'on s'est bien compris.

Quand en parler à un professionnel ?

Ces situations sont courantes, et elles peuvent s'apaiser avec du soutien. Il est utile de consulter si elles durent depuis plusieurs semaines, si elles affectent votre sommeil, votre humeur, votre travail ou vos relations, ou si vous vous sentez de plus en plus à bout. Si vous traversez une tristesse profonde, une perte d'envie persistante ou des pensées sombres, parlez-en à votre médecin traitant.

Comment je peux vous accompagner

Je propose, en visioconférence, un accompagnement personnalisé, à votre rythme et sans jugement. Selon votre besoin, je m'appuie sur les thérapies cognitives et comportementales, l'analyse transactionnelle, la psychologie positive, la communication bienveillante, la psychogénéalogie ou l'EMDR, ainsi que sur la parentalité positive et le coaching familial. Je ne pose pas de diagnostic et cet accompagnement ne remplace pas un suivi médical lorsqu'il est nécessaire.

En cas de détresse ou de pensées de vous faire du mal, appelez le 3114 (24 h/24). En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.

Vous vous êtes reconnu(e) ? Vous n'êtes pas seul(e). Prendre rendez-vous

Cet article a une visée d'information générale et ne remplace pas un avis médical.